La highline

1. Qu’est ce que la highline ?

Déclinaison aérienne du slackline, la highline est la discipline reine. Marcher sur une slackline tendue en hauteur, sécurisé par un baudrier. Et cela à plusieurs dizaines, voire centaines de mètres de haut !
Cette pratique est réservée aux amateurs de vertige et de sensations fortes. Elle est un peu le porte drapeau de la slackline car c’est souvent elle que l’on voit à travers les médias, avec des images à couper le souffle.

Très spectaculaire, cette discipline n’est pas sans risque. C’est pourquoi il est important de respecter certaines règles pour pratiquer la Highline.

Vous verrez à travers cette vidéo, les coulisses du record du monde de l’époque de highline, une traversée de 1km (battu depuis). On y explique de manière détaillée toute la préparation à l’installation de la highline.
ATTENTION, ce n’est pas une installation standard. Elle a été exécutée dans le cadre d’un record du monde, par des professionnels. A ne pas reproduire tel quel chez vous.

2. Les 7 commandements de la highline

#1 Ne jamais partir seul

Comme en montagne, pour des raisons évidentes de sécurité, il faut éviter d’installer ou de faire de la highline seul. Il existe suffisamment de clubs, d’associations, et de pages Facebook pour pouvoir se rapprocher d’autres pratiquants confirmés. Vous trouverez des spots et communautés de highline dans la rubrique Où pratiquer la slackline ?.
Nous vous recommandons de prendre également une assurance FFCAM ou FFME, soit directement, soit auprès des clubs ayant une section slackline.

Higline - easyslackline

#2 Première installation

Nous conseillons fortement de trouver un tuteur/mentor pour installer sa première highline.
Un tuteur pourra vous apprendre les bases et vous évitez les pièges grossiers des premières installations, que ce soit une vraie highline ou une treeline (highline dans les arbres).
Le tuteur n’est pas responsable pour vous, il vous fait seulement part de son expérience. Encore une fois vous êtes responsables de votre installation et de vous-même.

Une fausse bonne idée est de commencer dans les arbres, avec du matériel de slackline “normal”, et sans ligne de vie.
La treeline semble accessible car il y a des arbres partout et pas besoin d’aller en montagne ou en bord de falaise. Pourtant, le problème de la treeline est que souvent la slackline est installée à faible hauteur (4, 5 ou 6m de haut) – le piège est là.

“Il n’y a pas de hauteur maximale en highline, mais bien une hauteur minimale !”

Plus vous serez haut, moins le risque de retour au sol sera faible, voir nul. Mais ce qui implique d’avoir une installation, avec un ligne de vie, faite dans les règles de l’art pour pratiquer en toute sécurité.

Nous ne souhaitons pas fournir un guide tout fait des premiers pas en highline. Pourquoi ?
Tout simplement car c’est une pratique qui s’adapte à chaque fois, à chaque lieu. Une technique ne sera pas forcément adaptée à 2 lieux différents.
Nous préférons insister sur le fait de partager ses premiers pas et ses premières installations avec des personnes d’expérience, voir même lors de stage organisés par des associations de slackline. Trouvez votre mentor dans la rubrique Où pratiquer la slackline ?

Higline - easyslackline

#3 Connaître le matériel

Une maîtrise théorique de l’installation est une chose indispensable. L’International Slackline Association fournit quelques clés (en anglais).
Vous pouvez vous exercer en faisant des montages au sol. Ceci vous permettra aussi de vérifier tout votre matériel et de ne rien oublier. Connaître toutes les caractéristiques de son matériel permet d’avoir un avis sur la validation de l’installation, un point absolument nécessaire.

Quelques grandes règles quand on débute concernant le matériel :

    • Eviter le matériel en aluminium, exception pour les bananas
    • Eviter les mousquetons, préférer les manilles et les maillons
    • Ne pas utiliser de cliquet et du matériel débutant (sangle large)
    • Avoir une ligne de vie complètement indépendante et normé EPI (une slackline n’est pas forcément EPI – préférer une corde d’escalade statique)
    • Utiliser un leash gainé, une paire d’anneau (leashring) et un baudrier d’escalade pour se sécuriser à l’installation – plus d’informations sur les leash
    • Prévoir du matériel pour faire un secours en cas d’accident (pouvoir aller chercher le pratiquant en difficulté)

#4 Choix du terrain

Se familiariser avec les lieux :

    • Ouverture : Pour une première tentative, évitez les ouvertures de ligne (lieu vierge de toute highline), prenez plutôt contact avec un local ou un groupe – d’où le second point.
    • Répétition : Privilégiez les répétitions, lire les recommandations existantes. Contactez les ouvreurs pour emporter le matériel adéquat et connaître les dangers et problématiques des lieux
    • Hauteur suffisante. Pensez à calculer correctement la taille de votre leash et la hauteur de la ligne par rapport à la longueur.
    • Bonne longueur : Pensez encore à mettre en adéquation longueur et hauteur
    • Points d’ancrage : A valider et revalider à chaque installation. Emmenez un petit marteau pour sonder la roche. Avoir suffisamment de points pour répartir l’effort en fonction de la tension qu’il est prévu de mettre dans l’installation.
      Un tamponnoir n’est pas très lourd et est toujours utile pour refaire un point si nécessaire.
    • Les arêtes coupantes doivent être protégées pour ne pas abîmer sangles, longes, backup.
    • Pensez aussi à protéger votre backup d’une éventuelle rupture.

#5 Pré-requis : connaître ses limites et celles du matériel

highline - easy slackline
    • Techniques de slackline : Le highline est une variante du slackline, il requiert une bonne connaissance de la discipline, et également une bonne condition physique pour pratiquer en toute sécurité.
    • Commencer la slackline par la highline est déconseillé. Il vaut mieux avoir une certaine expérience et un certain niveau avant de se lancer. Mais si nous devions donner 2 pré-requis, ce seraient les suivants :
          • Savoir remonter sur leash : Et oui, une fois tombé, suspendu au bout du leash, il faut savoir remonter pour attraper la highline et revenir au point de départ en toute autonomie !
          • Savoir faire un départ assis (chongo start, sit start) : Tomber dans l’air, le vide, ça fait peur. Mais tomber contre la falaise ça fait mal !
            Le départ assis permet de débuter la traversée loin du bord, sans risque de faire la balançoire en cas de chute et venir taper la falaise. Contrairement à un départ, debout, depuis le bord – même si c’est plus rassurant, c’est plus dangereux !
    • Connaître les noeuds indispensables à la pratique de l’escalade et à sa sécurisation dans un environnement potentiellement dangereux : noeud de huit, technique de rappel et de vachage.
    • Redondance humaine : Toute personne souhaitant marcher sur la highline doit avoir validé/vérifié elle-même l’installation. Toute personne doit faire vérifier son installation par une autre personne afin d’éviter de laisser un mousqueton, une manille, un delta ouvert, de faire une mauvaise triangulation, ou l’utilisation de matériel trop usagé ou inadéquat. Pensez à valider votre système mais aussi vos points d’ancrage (Vérifiez l’état de la roche)
      Procéder au body-check : toujours faire vérifier son noeud de leash par un camarade avant de se lancer (la plupart des accidents ont pour origine un leash non correctement attaché).
    • Redondance matérielle : Toujours doubler son matériel et si possible avec du matériel non usagé. Les back up réalisés avec une slackline offrent moins de sécurité que des backups à corde et doivent être utilisés en connaissance de cause.
      Le back up n’a pas vocation à être réalisé avec votre vieux matériel ou les restes de votre équipement.
    • Séparer le matériel de slackline et d’escalade : Si vous pratiquez l’escalade, le matériel qui sert au slackline/ highline ne doit pas servir pour l’escalade. Les forces et pratiques n’étant pas les mêmes, vous ne pouvez correctement évaluer son vieillissement et vous vous mettez potentiellement en danger en mélangeant votre matériel.

#6 Sécurité

    • Leash  :  On amène son baudrier, on sait faire un noeud de huit.
    • Double validation encore et toujours.
    • Matériel de secours – matériel normé EPI : cordes suffisamment longues, en nombre suffisant, mousquetons et dégaines. Kit premiers secours. Téléphone portable chargé.

#7 Respect des lieux et des personnes : Attention aux locaux quels qu’ils soient

  •  La faune et la flore : Prenez soin de ne pas highliner dans des zones protégés. Aujourd’hui certaines zones nécessitent des autorisations communales (Verdon par ex)
  • Les zones privées ou conventionnées (ex. sites d’escalade) : Merci de ne pas percer partout sans penser aux conséquences de vos actes. Ne pas utiliser les relais d’escalade. Vous êtes responsables certes de vous-mêmes mais aussi de l’image que vous donnez des slackliners et highliners.
  • En cas d’installation prolongée, vous en êtes responsable. Avertir les locaux. Surveiller votre ligne. Pensez à vérifier votre installation régulièrement. Un coup d’oeil sur les ancrages à chaque traversée.

3. Où pratiquer la highline ?

Ou pratiquer slackline

La highline se pratique principalement en montagne. On parle de highline à partir du moment où il est nécessaire de se sécuriser à l’aide d’un leash et baudrier d’escalade.
Pour trouver des spots de highline ou des communautés de slackeurs, rendez vous dans la rubrique Où pratiquer la slackline ?.
Il existe aussi des festivals de sports outdoors comme les Naturals Games ou des festivals de slackline où il est possible de venir voir des slackeurs traverser les highlines , voir même pouvoir en traverser une vous-même (si vous êtes un slackeurs aguerri) . Pour connaître les prochains événements organisés, rendez vous dans la rubrique événements.

4. Matériel nécessaire pour la highline

Comme expliqué précédemment, il n’existe pas de liste exhaustive toute prête pour la pratique de la highline. En tout cas, nous ne souhaitons pas nous lancer sur ce terrain glissant.
Il appartient à chacun de SE RESPONSABILISER en faisant des recherches et en allant échanger avec des pratiquants d’expérience pour connaître le matériel qui sera nécessaire à telle ou telle installation.

Mais voici quelques grandes lignes à avoir à l’esprit :

    • La slackline sur laquelle on marche (main line) doit être complètement indépendante de la ligne de vie (backup) – l’équipement est doublé et indépendant = redondance
    • Les leashring sont connectés à la main line et au backup
    • Utiliser du matériel EPI pour le backup
    • Ne pas pratiquer trop bas – proche du sol. Plus la highline est longue, plus elle devra être haute
    • Le matériel grand public (cliquet ou primitiv) n’est pas adapté à la pratique de la highline